Mise en place de mesures de Justice Restaurative dans le département du Cher du 09/05/2019

Le 20 mars 2019 s’est tenue au Foyer des Jeunes Travailleurs de l’espace Tivoli une réunion d’information collective sur le thème de la justice restaurative.


Le SPIP et le SAVI recrutent des membres de la communauté

 
 
Le 20 mars 2019 s’est tenue au Foyer des Jeunes Travailleurs de l’espace Tivoli une réunion d’information collective sur le thème de la justice restaurative.
La justice restaurative s’inscrit dans un cadre légal et fait suite à la réforme pénale de Christiane Taubira en 2014.
Après une introduction menée par Madame Tarrare, Procureur Génaral près la Cour d’Appel de Bourges, les membres du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et du SAVI (Service d’aide aux victimes) ont présenté à la trentaine d’invité·es le concept de justice restaurative avant de décrire le déroulement d’une rencontre détenu·es / condamné·es – victimes.
L’objectif de cette réunion d’information était entre autres d’informer les participant·es sur le rôle des membres de la communauté.
 
Un processus nouveau
 
La justice restaurative agit en complémentarité de la justice pénale, elle aspire à réduire les répercussions personnelles, familiales et sociales de l’infraction. Elle offre un espace de parole pour chacun·e, dont l’objectif est d’y trouver un apaisement quant à l’infraction qui lie les participant·es.
Ce processus s’adresse aux victimes et auteur·es d’un même type d’infraction, ainsi qu’à leurs proches. Une mesure de justice restaurative peut avoir lieu à tout moment, que ce soit avant, pendant, après, ou en dehors d’une procédure pénale (pour des faits prescrits par exemple). L’essentiel repose sur le volontariat des participant·es, qui ont tou·tes accepté l’existence de cette infraction. La justice restaurative doit donc s’inscrire dans un processus dynamique et volontaire.
 
Les rencontres détenu·es / condamné·es - victimes
 
Il existe plusieurs types de mesures de justice restaurative, ce sont les rencontres détenu·es / condamné·es – victimes qui seront mises en place dans un premier temps dans le département du Cher.
Comme pour toute mesure de justice restaurative, le processus repose sur la reconnaissance des faits, le volontariat, l’information des participant·es et leur consentement. 
Il s’agira ici de plusieurs rencontres entre des victimes et des auteur·es liés par une infraction similaire (et non pas par la même affaire, ce qui serait le cas de la médiation restaurative). Ces rencontres sont l’occasion d’entamer un dialogue entre détenu·es ou condamné·es et victimes. Les participants pourront aborder les répercussions que l’infraction aura eu sur chacun·e.
Ces rencontres nécessitent un temps de préparation conséquent. Lors de la phase préparatoire, les participant·es sont reçus par un·e membre du SPIP et un·e membre du SAVI pour des entretiens individuels. Il faudra en moyenne trois entretiens préparatoires par personne avant d’envisager la rencontre.
Par la suite auront lieu des rencontres en groupe séparés : les victimes ensemble et les auteur·es ensemble. C’est à ce moment qu’aura lieu la visite des locaux des futures rencontres restauratives. Les membres de la communauté seront également présenté·es aux groupes.
Une fois la phase préparatoire achevée, on entamera la phase opérationnelle qui consiste en cinq rencontres plénières de trois heures chacune, suivies, deux mois plus tard, d’une rencontre bilan.
Lors des rencontres plénières sont présent·es deux animateur·rices (membre du SPIP ou du SAVI), un (membre du SPIP ou du SAVI), un·e psychologue ainsi que deux membres de la communauté.
 
L’implication de la communauté dans les rencontre restauratives
 
Les membres de la communauté sont des « bénévoles professionnel·les ». Leur présence lors des rencontres détenu·es / condamné·es – victimes doit incarner la variété de la communauté, de la société pendant ce temps d’échange et de dialogue.
Leur mission est de manifester par leur présence l’intérêt porté par la société à la réparation la plus complète des répercussions du conflit né de l’infraction, d’encourager et d’accompagner les participant·es dans leur implication et de promouvoir ainsi la reconstruction du lien social. Ce rôle doit être rempli sans interférer avec celui des animateur·rices ou l’échange des participant·es.
La présence des membres de la communauté se doit donc d’être plus une présence bienveillante que participative.
Certaines qualités sont attendues des membres de la communauté, notamment une empathie inconditionnelle et une importante capacité d’écoute et de soutien. On attendra également de ces membres un contrôle de soi ainsi que de la vigilance et de l’attention lors des rencontres. La responsabilité, l’impartialité et l’égalité démontrées par les membres de la communauté seront des valeurs primordiales.
Le membre de la communauté n’est pas là pour lui-même, il n’est ni spectateur, ni témoin.
Si l’on peut qualifier les membres de la communauté de« bénévoles professionnel·les », c’est que leur participation à une mesure de justice restaurative nécessite une formation. Généralement de trois jours, ces formations sont dispensées par l’Institut français pour la justice restaurative.
 
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Pour plus d’informations sur les mesures de justice restaurative dans le Cher, contactez le Service d’aide aux victimes du Relais.