Grenelle contre les violences conjugales du 12/12/2019

Quels changements dans le département du Cher ?

Grenelle contre les violences conjugales

Quels changements dans le département du Cher ?
 
 
Dans le cadre du cinquième plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a décidé de l’organisation d’un Grenelle consacré à la lutte contre les violences conjugales. Le Grenelle a été lancé le 3 septembre 2019 et a pris fin le 25 novembre 2019, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
 
 
 
Lancement du Grenelle
 
En accord avec cette manifestation nationale, tous les territoires ont été amenés à apporter leur contribution. C’est ainsi que tous les acteurs de la lutte contre les violences intrafamiliales du département s’étaient réunis le 3 septembre dernier (3.9.19), jour du lancement du Grenelle.
 
La Préfète, Madame FERRIER, ainsi que le Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Bourges, Monsieur GARRIGUE, ont procédé à l’ouverture de cette manifestation. Ils ont à cette occasion pu rappeler quelques chiffres.
Depuis un an, les faits signalés par les victimes sont passés de 2 à 2,3 par jour. Cette augmentation s’explique notamment par une libération de la parole des victimes. Ces statistiques s’inscrivent dans la même évolution que les statistiques nationales.
 
Monsieur le Procureur a également rappelé que le traitement répressif n’était qu’une partie du traitement des violences intrafamiliales. L’écoute et la reconstruction des victimes, ainsi que la prise en charge des auteurs au-delà d’une condamnation doivent accompagner la sanction pénale.
Ce Grenelle, pour reprendre la formule du Monsieur le Procureur, n’est pas seulement l’occasion de « faire le constat d’une catastrophe », mais doit également permettre un travail commun vers une amélioration de la prise en charge des victimes comme des auteurs.
 
Les participants se sont ensuite répartis en trois ateliers :
 
- Comment mettre en œuvre une action plus précoce de détection
- Comment protéger plus efficacement les victimes
- Comment traiter de manière durable et globale
 
Et après ? 
 
Ces trois axes ont été repris dans un document adressé par la Préfecture aux différents acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes.
 
Intervenir plus précocement : Le premier axe d’action implique une amplification de la communication et de la sensibilisation au phénomène de violences, notamment intrafamiliales. Les acteurs de terrain tels que les élus et le corps médical sont particulièrement visés par cette sensibilisation. L’Education Nationale tiendra également un rôle primordial.
Le grenelle a déjà permis une mise en lumière des différents dispositifs existants dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes. Par exemple, lors d’un forum au hall d’exposition de la mairie de Bourges
 
Protéger mieux : Le deuxième axe a pour objectif de faciliter les démarches des victimes et de l’entourage, afin que le parcours déjà éprouvant ne soit pas rendu plus difficile. Il s’agira entre autres choses de travailler en partenariat avec SOS médecins, qui sont souvent les premiers à contacter les violences. L’accès aux soins pour les zones rurales et les personnes éloignées de ces services doit également être une priorité.
L’accès aux logements d’urgence est une mesure existante qui doit persister dans son expansion.
Enfin, le réseau existant doit continuer à se faire connaître et à offrir l’accès aux premières informations juridiques, administratives, sociales… etc.
 
Traiter le problème dans la durée : Le dernier axe entend s’adapter au phénomène de violences. En effet, les violences intrafamiliales ont un fonctionnement complexe qui s’inscrit dans la durée. Sortir de l’emprise et s’émanciper d’un environnement violent (pas seulement physiquement) demande des efforts considérables et implique un investissement au long, voire très long court.
L’ensemble des acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes, et plus largement les violences intrafamiliales, doit persister dans une dynamique d’échange et de formation.
La prise en charge psychologique, des victimes Et des auteurs, a une importance capitale dans ce processus.
Certaines actions sont déjà mises en place : des groupes de paroles destinés aux femmes victimes de violences conjugales débuteront en 2020 au Relais Enfance et Famille (02.48.70.02.72). 
 
 
Fort d’un réseau déjà impliqué dans la lutte contre les violences intrafamiliales et de partenariats associatifs et institutionnels, le département du Cher poursuivra ses actions et se saisira des nouveaux moyens mis à sa disposition suite au mouvement national impulsé par le grenelle.